Livre de recettes micro-entrepreneur : format, tenue et modèle

Les 5 colonnes obligatoires, les formats acceptés par l’administration fiscale, et un modèle prêt à l’emploi. Tout ce qu’il faut savoir pour être en règle.

Par Ekina

Le livre de recettes est le seul document comptable obligatoire pour un micro-entrepreneur. Il recense, ligne par ligne, l'ensemble de vos encaissements. Son absence lors d'un contrôle fiscal peut entraîner le rejet de votre comptabilité et une évaluation d'office de votre chiffre d'affaires par l'administration (art. L73 du Livre des procédures fiscales).

Ce guide détaille qui est concerné, ce que chaque ligne doit contenir, les formats acceptés, la durée de conservation et les erreurs à éviter.

1. Qui est obligé de tenir un livre de recettes ?

Tous les micro-entrepreneurs, sans exception. L'obligation découle des articles 50-0 (pour les BIC) et 102 ter (pour les BNC) du Code général des impôts (CGI). Que vous soyez plombier, graphiste, électricien ou consultant, dès que vous êtes au régime micro, vous devez tenir ce registre.

Deux cas de figure :

  • Activités BIC (artisans, commerçants) : livre de recettes obligatoire. Si vous vendez des marchandises, vous devez également tenir un registre des achats distinct.
  • Activités BNC (professions libérales non réglementées) : livre de recettes obligatoire. Le registre des achats n'est pas exigé.

Ne confondez pas les deux documents : le livre de recettes enregistre ce que vous encaissez, le registre des achats enregistre ce que vous dépensez pour votre activité.

2. Ce que doit contenir chaque ligne : les 5 colonnes obligatoires

Chaque entrée de votre livre de recettes doit comporter les informations suivantes :

  1. Date d'encaissement — La date à laquelle vous avez réellement reçu le paiement (pas la date de facturation).
  2. Référence de la facture — Le numéro de la facture correspondante (ex. FA-2026-0015).
  3. Nom du client — L'identité du payeur (nom et prénom pour un particulier, dénomination sociale pour un professionnel).
  4. Montant encaissé — La somme perçue, en euros.
  5. Mode de règlement — Virement, chèque, espèces, carte bancaire, PayPal, etc.

Cas des BNC : une colonne supplémentaire

Si vous exercez une activité BNC, l'article 102 ter du CGI prévoit une colonne additionnelle : la nature de la recette (ex. : « consultation », « formation », « création graphique »). Cette précision permet à l'administration de vérifier la cohérence entre votre activité déclarée et vos encaissements.

3. Format accepté : papier, Excel, logiciel — ce que dit la loi

L'administration fiscale n'impose aucun format particulier. Trois options s'offrent à vous :

FormatAvantagesInconvénients
Cahier papierSimple, pas besoin d'ordinateurRisque de ratures (interdites), pas de sauvegarde, recherche difficile
Tableur Excel / Google SheetsGratuit, tri et filtrage facilesModification possible a posteriori (moins fiable en cas de contrôle)
Logiciel de facturationRemplissage automatique, horodatage, inaltérabilitéCoût mensuel (souvent gratuit pour les offres de base)

Quelle que soit l'option retenue, le document doit être tenu de manière chronologique, sans ratures, sans blancs et sans modifications rétroactives. C'est là que le format papier et le tableur montrent leurs limites : rien ne prouve que vous n'avez pas modifié une ligne après coup.

Un logiciel de facturation horodate chaque écriture et garantit l'inaltérabilité des données. C'est le format le plus fiable en cas de contrôle.

Avec Ekina, votre livre de recettes se remplit automatiquement à chaque facture encaissée. Chaque paiement enregistré génère une ligne conforme avec les 5 colonnes obligatoires, horodatée et inaltérable. Essayer gratuitement.

4. Fréquence de saisie et durée de conservation

Quand saisir ses recettes ?

La loi ne fixe pas de fréquence précise. En pratique, saisissez chaque encaissement le jour même ou dans les jours qui suivent. Plus vous attendez, plus le risque d'oubli augmente — et les oublis sont sanctionnés.

Combien de temps conserver le livre de recettes ?

  • 6 ans minimum — C'est le délai de prescription fiscale (art. L102 B du Livre des procédures fiscales). L'administration peut vous demander vos livres sur les 6 dernières années civiles.
  • 10 ans recommandé — Le Code de commerce (art. L123-22) impose la conservation des pièces comptables pendant 10 ans. Même si la qualification « pièce comptable » est discutable pour un micro-entrepreneur, mieux vaut appliquer le délai le plus long.

Conservez également les justificatifs (factures, reçus, relevés bancaires) sur la même durée. Chaque ligne du livre de recettes doit pouvoir être rattachée à un document justificatif.

5. Modèle de livre de recettes avec exemples

Voici un exemple concret de livre de recettes tenu par Claire Morel, électricienne en micro-entreprise (BIC), et Thomas Renaud, photographe indépendant (BNC).

Exemple 1 : Claire Morel, électricienne (BIC)

Date d'encaissementRéférence factureClientMontantMode de règlement
03/01/2026FA-2026-0001Jean Petit350,00 eurosVirement
08/01/2026FA-2026-0002SAS Bâti-Concept1 200,00 eurosVirement
15/01/2026FA-2026-0003Marie Lefort180,00 eurosChèque
22/01/2026FA-2026-0004Paul Garnier520,00 eurosCarte bancaire
29/01/2026FA-2026-0005SARL Rénov'Plus2 400,00 eurosVirement

Exemple 2 : Thomas Renaud, photographe (BNC)

Date d'encaissementRéférence factureClientNature de la recetteMontantMode de règlement
05/01/2026FA-2026-0001Sophie BlancReportage photo mariage900,00 eurosVirement
12/01/2026FA-2026-0002EURL DigitaComShooting produit e-commerce650,00 eurosVirement
20/01/2026FA-2026-0003Lucas MartinPortrait professionnel150,00 eurosEspèces
28/01/2026FA-2026-0004Mairie de NantesReportage événementiel1 100,00 eurosVirement

Notez la colonne supplémentaire « Nature de la recette » dans l'exemple BNC de Thomas. Pour Claire (BIC), les 5 colonnes standard suffisent.

6. Erreurs fréquentes qui posent problème en cas de contrôle

Voici les erreurs les plus courantes constatées par l'administration fiscale lors des contrôles :

  • Confondre date de facturation et date d'encaissement. Le livre de recettes enregistre la date à laquelle l'argent arrive sur votre compte, pas la date de la facture. Si vous facturez le 1er mars mais êtes payé le 20 mars, c'est le 20 mars qui doit figurer.
  • Oublier des encaissements. Tout paiement reçu doit apparaître, y compris les paiements en espèces et les acomptes. Un écart entre votre livre de recettes et vos relevés bancaires déclenchera des questions.
  • Raturer ou modifier des lignes. Sur un cahier papier, une rature invalide potentiellement l'entrée. En cas d'erreur, ajoutez une ligne corrective (avec la mention « annulation » ou « correction »), sans supprimer la ligne d'origine.
  • Ne pas conserver les justificatifs. Le livre de recettes seul ne suffit pas. Chaque ligne doit être appuyée par une facture, un reçu ou un relevé bancaire.
  • Confondre livre de recettes et registre des achats. Ce sont deux documents distincts. Le livre de recettes recense vos encaissements. Le registre des achats recense vos dépenses professionnelles (uniquement obligatoire pour les activités de vente de marchandises).
  • Ne pas tenir de livre du tout. C'est le cas le plus grave. L'administration procède alors à une évaluation d'office : elle estime votre chiffre d'affaires à partir de vos relevés bancaires et d'autres indices, souvent à votre désavantage.

7. Ce que vous risquez sans livre de recettes

En cas de contrôle fiscal, l'absence de livre de recettes ou un livre incomplet expose à plusieurs conséquences :

  • Rejet de la comptabilité — L'administration considère que votre comptabilité n'est pas probante et la reconstitue elle-même.
  • Évaluation d'office — L'administration évalue votre chiffre d'affaires sur la base des éléments dont elle dispose (relevés bancaires, déclarations URSSAF, informations de tiers). Le montant retenu est généralement supérieur à votre CA réel.
  • Majorations et pénalités — En cas d'évaluation d'office, une majoration de 40 % pour manquement délibéré peut s'appliquer (art. 1729 du CGI), en plus des intérêts de retard (0,20 % par mois).

La tenue rigoureuse de votre livre de recettes est donc votre meilleure protection en cas de contrôle.

Questions fréquentes

Un micro-entrepreneur doit-il tenir une comptabilité complète ?

Non. Le régime micro-entrepreneur bénéficie d'obligations comptables allégées. Vous devez uniquement tenir un livre de recettes (et un registre des achats si vous faites de la vente de marchandises). Pas de bilan, pas de compte de résultat.

Peut-on tenir son livre de recettes sur Excel ?

Oui. L'administration fiscale accepte le format papier, un tableur Excel, ou un logiciel de facturation. Le document doit simplement être tenu de manière chronologique, sans ratures ni blancs, et contenir les 5 colonnes obligatoires.

Faut-il conserver les justificatifs avec le livre de recettes ?

Oui. Chaque entrée du livre de recettes doit pouvoir être justifiée par une facture ou un reçu. Conservez ces justificatifs pendant au moins 6 ans (délai de prescription fiscale), idéalement 10 ans.

Le livre de recettes doit-il être signé ou paraphé ?

Non, la loi n'impose ni signature ni paraphe. En revanche, si vous utilisez un format papier, il est recommandé de numéroter les pages pour prouver qu'aucune page n'a été retirée.

Que se passe-t-il si j'ai oublié des entrées sur mon livre de recettes ?

En cas de contrôle, des entrées manquantes peuvent conduire l'administration à rejeter votre comptabilité et à procéder à une évaluation d'office de votre chiffre d'affaires. Complétez les entrées manquantes dès que possible en indiquant la date réelle d'encaissement.

Pour aller plus loin

Sources officielles

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